Les ancêtres du Taxi

Historiquement la chaise à porteur, la vinaigrette (chaise montée sur roues et ressorts, tirée par un homme) peuvent être considérées comme l’ancêtre du transport individuel. Elles furent ensuite remplacées par le cheval et le fiacre.

Les premières autorisations de voitures de louage à Paris apparaissent sous Louis XIV, ainsi que les premières réglementations et notamment l’identification par numéro du transporteur.

Quelques années plus tard, les grilles tarifaires en fonction de la durée du service verront le jour. La province adoptera ensuite les mêmes règles que la capitale.

Après de nombreuses années de fonctionnement et des incidents répétés, dus à la vétusté des véhicules et au non-respect de la réglementation, Louis XVI, met en place une concession d’exploitation des fiacres à Paris, c’est le service public. Il y sera mis un terme en 1790 par l’assemblée nationale qui ouvrira de nouveau la possibilité à tout individu, de conduire des passagers, et de nouvelles réglementations verront le jour.

Napoléon III créera à son tour une société en commandite qui développera un service de diligences et obtiendra le monopole du stationnement dans Paris pour une durée de 50 ans, favorisant ainsi le retour d’un service public. Il y mettra lui aussi un terme, devant les difficultés rencontrées par la profession à l’époque.  

C’est à la fin du 19ème siècle qu’un diplôme de conducteur à tout nouveau cocher et le compteur kilométrique seront progressivement mis en place.

Il est intéressant de noter qu’à l’aube du 20ème siècle, les parisiens assisteront au premier essai du fiacre électrique disposant de batteries et pouvant atteindre les 20km/h. Il s’agit là du premier taxi de l’ère moderne. Pour des raisons de rentabilité (déjà à l’époque), il sera définitivement abandonné quelques années plus tard. C’est à cette même période, annonçant l’avènement de la société du pétrole, qu’apparaît la première automobile à moteur. Baptisée "automédon" et n’étant pas soumis à la réglementation des fiacres, le prix des courses sera fixé de gré à gré. Avant qu’un arrêté préfectoral impose des drapeaux de couleurs différentes sur les véhicules pour annoncer les tarifs pratiqués aux usagers.

Le "taxa-mètre" ancêtre du "taxi-mètre", établissant le prix de la course en fonction du temps d'occupation du véhicule et de la distance parcourue, donnera plus tard son nom actuel au taxi.

Le taxi au début du 20ème siècle

De simple attraction, le taxi va rapidement passer au rang de transport moderne et sera plus particulièrement à l’origine du développement du constructeur Renault.

L’histoire des centaines de taxis, réquisitionnés par le Général Galliéni après la déclaration de guerre et conduisant les troupes françaises sur le front, est passée à la postérité. Renault avait créé le modèle AG1 en 1905, avec une vitesse maximum de 35 km/h, il fut adopté en grande majorité par les compagnies de taxis, il deviendra ainsi le célèbre "Taxi de la Marne". C’est après la première guerre mondiale que le taxi va véritablement se structurer. Amélioration du confort, examens pour les conducteurs, tarifications plus adaptées à ce qui va devenir une profession à part entière.

Au début des années 20 les premiers syndicats de taxis font leur apparition. Le nombre de taxis connaîtra ensuite des fluctuations importantes avant de se stabiliser à la fin des années 30 par une concertation entre la profession et les autorités.

La F.N.A.T. (Fédération Nationale des Artisans du Taxi et première fédération de taxis) regroupant des syndicats de taxis parisiens et de province est créée en 1938. Grâce à elle et à ses représentants, dès 1939, tous les taxis parisiens et provinciaux obtiennent une subvention sur l'essence.

Le taxi des années 50 à nos jours

Les vélos taxis, les calèches, le cheval font leur réapparition pendant la guerre. Après la saignée dans les rangs des taxis (ils ne sont guère plus qu’une centaine à Paris) en 1945, l’essor des taxis va se poursuivre en abandonnant le principe de la voiture type, avec des voitures de toutes marques, faisant ainsi la particularité des taxis français et parisiens.

Les taxis seront encore une fois plus particulièrement à l’origine du développement d’un constructeur automobile avec l’adoption du diesel, offrant une meilleure rentabilité, et pour lequel Peugeot investira dans la fameuse 403 Berline Diesel Affaires.

Le développement économique et la démocratisation de l’automobile dans les années 60 verront les taxis connaître une période difficile que la borne d’appel téléphonique et le central radio permettront de limiter. C’est aussi au début des années 60 que des mesures administratives donneront en faveur de Français rapatriés d’Algérie, des autorisations de stationnement de taxis, dans chaque commune. La tutelle administrative passe du Ministère du travail à celui des Préfectures et du Ministère de l’Intérieur.

Ce seront les années 70 - 75 qui connaîtront l’âge d’or des taxis, dans un monde en pleine mutation et croissance (clientèle de nuit, affaires,…) avant d’être victimes du trafic routier en constante augmentation, avec notamment pour conséquence moins de courses journalières. A cette même époque, ils seront soumis aux nouvelles règles de sécurité (rétroviseur extérieur que bon nombre de taxis avaient déjà adoptés et ceinture de sécurité, sont rendus obligatoires).

Apparition au début des années 80 des tarifs : A, B et C. avec une nouvelle signalisation en remplacement du lumineux « taxi » rendu obligatoire en 1953.

A l'entrée dans le 21ème siècle, la France comptait 44.000 taxis sur son territoire, dont 15.000 qui desservent Paris et 80 communes des départements des Hauts-de-Seine, de Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne rattachées à leur secteur d'activité (communes de stationnement). Les 29 000 taxis de province desservent les autres départements et communes. Un taxi de province exerce son activité au départ d'une ou de plusieurs localités (les communes de stationnement).

L'appellation "TAXI" a été redéfinie en 1995, elle s'applique exclusivement aux véhicules équipés des signes distinctifs (lumineux, compteur horokilométrique, plaque de stationnement) et disposant d'une autorisation de stationnement. Le certificat professionnel de capacité est rendu obligatoire à tous les conducteurs et subordonné à un examen. Le transfert d'autorisation à titre onéreux est admis à toutes les autorisations délivrées.

Quelques taxis célèbres ou étonnants :